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Le courage managérial, valeur clé de TOD

Auteur : Virginie Améaume, responsable des opérations et relations Talents de TOD

Comment le courage nous demande de traverser nos peurs et de prendre le risque de nous rencontrer pour rencontrer l’autre, pour accueillir qui nous sommes pleinement, accepter et intégrer les autres pour un développement qui fait sens avec un projet collectif. 

 

Le courage nous renvoie face à la peur. Il nous demande avant tout de prendre conscience de cette peur en nous, afin de pouvoir la dépasser. Faire face à l’épreuve passe par reconnaître sa peur pour l’intégrer et la transformer en désir de vie.

Dans le champ relationnel, et notamment professionnel, l’appréhension de soi, de son image face à l’autre est une peur courante et souvent inconsciente, générant blocage, repli sur soi, voir incapacité d’avancer, de s’exprimer, jusqu’au rejet de l’autre et de l’inconnu.

Cette peur nous amène à un jugement de nous-même, de nos actes, de nos gestes, de nos actions, de nos paroles et de nos résultats. Elle nous questionne sur le regard que nous portons sur nous-même comme représentation du regard de l’autre.

Elle nous renvoie à nos valeurs et à notre propre évaluation de nous-même. Nous pouvons ainsi entrer dans un cycle – infernal et pour le moins inhibiteur - où notre regard sur nous-même et ce que nous supposons du regard de l’autre sur nous-même, entretiennent des suspicions sur la valeur de nos actes et de nos paroles, renforçant l’attention que nous mettons face au regard de l’autre.

Cette appréhension est à la fois réelle et symbolique. Elle peut nous faire entrer dans un contrôle permanent et immédiat sur nous-même. Nous produisons alors notre propre asservissement, nous jugeant, nous mettant des barrières à l’exploration et au déploiement de nos potentiels.

En cherchant à être à la hauteur de valeurs et d’injonctions véhiculées par un ordre extérieur, nous nous coupons de nos propres capacités et de la possibilité de nous appuyer sur nos atouts, sur nos forces naturelles. Nous nous imposons des interdits en cherchant une performance éloignée d’un possible à atteindre, car loin de nous, au lieu d’oser des expérimentations plus fructueuses en lien avec nos capacités.

Nous pouvons être alors envahis par un sentiment de culpabilité de ne pas « être à la hauteur de », de ne pas « être capable de ». Nous nous éloignons de nous-même, de notre nature, de nos valeurs, de notre propre valorisation et par conséquent nous nous éloignons d’une dynamique d’ouverture aux autres : craignant le jugement ou l’interdit, comme autant d’agressions à notre volonté d’être, de dire, d’agir, d’oser échanger en reconnaissant ce qui fait notre spécificité.

Le courage, c’est alors prendre le risque de l’autre, d’être face à l’autre tel que nous sommes, conscients de nos atouts, de nos capacités, de nos dons, tout autant que de nos failles, nos erreurs, nos hésitations, nos zones d’ombre et aussi de notre dépendance relationnelle qui nous permet aussi de mieux nous connaître.

Cela nous demande de nous émanciper du regard et du jugement de l’autre pour nous autoriser à être. Toute relation à autrui, à l’altérité entraîne ainsi une prise de risque, que nous pouvons refermer, nous pouvons y échapper.

Le courage nous invite à ne pas vouloir donner à tout prix une meilleure image de nous-même et donc à prendre le risque de l’autre, le risque de créer un lien qui devienne un liant permettant une harmonie. Le courage de nous rencontrer nous-même, de nous faire face ouvre à la rencontre, à l’acceptation de l’autre qui peut ainsi rentrer dans la même dynamique d’ouverture, de curiosité bénéfique pour chacun. Nous rencontrer est une opportunité de nous libérer de nos propres freins, c’est un acte créateur qui aussi nous allège, nous invite à accepter nos imperfections et donc celles des autres.

Au-delà de la peur, le courage fait naître ainsi un désir d’accomplissement qui ouvre à la vie. Oser se laisser surprendre par nous-même sert la qualité de nos relations et l’acceptation de l’unicité de chaque être.

Le courage intègre l’incertitude, l’incertain comme source créatrice. Le courage de la conscience de soi et de l’acceptation de soi libère d’un asservissement à une image supposée, imaginaire. Il résonne comme une condition d’une reconnaissance et d’une ouverture à l’autre, différent de soi. Il est porteur d’une maturation collective.

Le manager porté par cette conscience peut ainsi accueillir l’autre tel qu’il est, à la mesure de l’accueil de lui-même : ouvrant ainsi à l’acceptation et à l’intégration des différences, à l’envie d’échanger, de collaborer dans la confiance, il lève les barrières du jugement, permettant aussi à chacun d’assumer la responsabilité d’être.

Le courage managérial invite chacun, chaque membre d’une équipe à l’accomplissement de soi, à une vitalité permettant des mutations collectives.

 

Par Virginie Améaume - Responsable des Opérations et relations Talents